Nouvelle orientation

Cela fait vingt minutes que je cherche comment commencer cet article en évitant les accroches clichées. Alors je vais y aller de but en blanc : après une année 2017 houleuse, j'ai décidé d'effectuer un grand changement pour 2018. Je vais diminuer progressivement mon activité de photographe de mariage pour me consacrer à 100% à mon activité artistique.

Quand j'ai lancé mon entreprise en 2008, c'était une opportunité incroyable pour moi d'avoir un métier créatif qui me permettrait d'acquérir des compétences et du matériel pour développer mes projets personnels. Pendant plusieurs années, j'ai trouvé un équilibre entre mon travail de photographe de mariage et mes travaux personnels en portrait. L'un alimentait l'autre constamment. D'un côté en me permettant de faire des rencontres professionnelles, d'apprendre à mener des projets créatifs avec des contraintes fortes et de gérer un budget et un planning. De l'autre en me permettant d'expérimenter des techniques photographiques, de développer ma créativité et mon univers personnel.

Et puis, petit à petit, j'ai délaissé la photographie pour me consacrer à d'autres activités. D'abord l'audio-visuel avec des courts-métrages et une websérie, puis avec le jeu de rôle. Avec la même volonté de développer mon univers personnel et y raconter des histoires. A mesure que je me suis épanouis dans ces activités, c'est devenu très compliqué de gérer à la fois ma vie professionnelle, personnelle et artistique. Au point que cette année, j'ai fais plusieurs burn-out et j'ai accumulé des problèmes de santé. Rien de grave heureusement, mais ces moments difficiles m'ont rappelés à l'ordre. Il était temps que j'accorde ma vie avec mes réelles priorités.

Qu'est-ce que ça signifie concrètement ? Qu'en 2018, je vais principalement travailler sur mes créations personnelles. Je travaille depuis longtemps sur un univers qui compte beaucoup pour moi qui s'appelle Coven. Je voudrais dans un premier temps le développer sous forme d'un jeu de rôle. Je l'envisage comme un univers qui me servira de base pour créer des photographies et des vidéos. En réalité, c'est déjà le cas, puisque beaucoup de mes photos (celles que je légende "☾ ether" ) sont inspirées de mes recherches esthétiques pour Coven.

Je vais continuer la photographie de portrait, en essayant de me focaliser sur mes univers de jeu de rôle. J'ai commencé une série en ce sens que je vais poursuivre en 2018. J'aimerai proposer des tirages à la vente, et pourquoi pas faire une exposition.

J'ai très envie de continuer également la vidéo. Malheureusement, c'est très chronophage, que ce soit pour faire des courts-métrages ou pour Mandala, ma chaîne Youtube et Dailymotion qui parle de jeu de rôle. Je préfère mettre cette activité en hiatus pour le moment, le temps de développer mon univers et pouvoir revenir plus tard avec des choses vraiment inspirées.

Merci à tous ceux qui me soutiennent, de près ou de loin. Je vous souhaite une excellente année 2018 !

 

Réunification en cours

Deux mois se sont écoulés depuis que j'ai pris la décision de réunir mes multiples identités numériques. J'en fais à présent le bilan provisoire.

Mon nouveau site web, qui regroupera l'ensemble de mes activités, est en construction. C'est un long chantier, mais je suis heureux d'avoir trouvé une plateforme qui me convienne pour effectuer ces travaux (Showit 5). J'utilise à présent principalement un seul compte par réseau social : Gaël Sacré et la page Gaël Sacré Photographe sur Facebook, @gaelsacre sur Instagram et Gaël Sacré sur Google +. J'utilise encore peu twitter avec lequel je suis moins familier, mais j'ai un compte que j'utilise occasionnellement @gaelsacre.

Pour le moment, le bilan est plutôt positif. J'ai retrouvé la motivation de publier, et surtout je suis relativement régulier, puisqu'il y a eu des news et des photos toutes les semaines durant les deux derniers mois. Par contre, je regrette un peu la cohérence que j'avais construite sur mes différentes identités. Par exemple mon Instagram @gaelsacre que je réservais pour mes travaux photographiques dans mon univers féérique/ancien est maintenant un patchwork de tout ce que je fais. Ça rend la lisibilité de mes activités beaucoup plus complexe. Dernièrement, j'ai sorti un jeu de rôle et la logique a voulu que je mette le lien dans la description pour que les intéressés puissent aller se renseigner sur le jeu et éventuellement l'acheter. Mais du coup, le lien vers mon site photo n'y est plus, ce qui est embêtant pour ceux qui seraient intéressés par mes travaux photos, ou plus particulièrement par mes photos de mariage.

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Mon compte Instagram au 16 juin 2017

Je ne me vois clairement pas faire marche arrière à présent, mais je me demande comment parvenir à gérer un minimum de cohérence et de clarté pour permettre à ceux qui s'intéressent à une de mes activités en particulier de ne pas être noyé par l'ensemble. Je pense toutefois que cette nouvelle organisation me pousse à faire des ponts entre toutes mes identités et j'ai espoir que je finirai par trouver comment relier tout ça de façon claire pour moi et pour les autres.

Une autre conséquence, mais positive cette fois-ci, c'est que cette réunification me donne envie de déconnecter mes créations. C'est à dire ne plus se reposer sur mes sites et les réseaux sociaux uniquement pour diffuser mes oeuvres. Je ressens le besoin de matériel physique, comme pour avoir des preuves que ce que je crée n'est pas seulement une abstraction numérique qui s'effacerait dès lors qu'internet serait coupé. J'ai publié mon jeu de rôle récemment et c'est un vrai plaisir de le tenir entre mes mains. J'ai envie de faire imprimer mes photographies, sous forme de toiles ou de tirages encadrés, afin de pouvoir les exposer chez moi, les proposer en exposition dans des lieux physiques et éventuellement les vendre. J'ai envie de créer des livres photos, pour faire vivre mes photographies avec des mots.

Beaucoup de travail m'attends encore sur le chemin de cette réunification identitaire. A tous ceux qui me soutiennent, de près ou de loin : merci !

 

Comment j'ai morcelé mon identité en petits morceaux

Il y a 10 ans, j'avais une identité qui me semblait claire. J'étais photographe. La plupart des gens me connaissaient en tant que photographe. Je passais la plupart de mon temps à faire des photographies. C'était à priori cohérent. Mais ça n'a jamais été qu'une activité créative parmi tant d'autres. Avant la photographie, j'ai fais de la musique, puis j'ai eu envie d'être réalisateur dans l'audio-visuel. Mais c'est la photographie qui m'a accroché, où j'ai pu m'exprimer avec la plus grande aisance et qui m'a permis d'explorer mon univers personnel. Et d'une certaine façon de me découvrir.

En comprenant mieux mon univers personnel, j'ai commencé à partir dans d'autres directions. L'audio-visuel d'abord, dans lequel j'ai tenté d'écrire et de mettre en scène mes histoires. Puis le jeu de rôle, révélation tardive mais ô combien importante dans la suite de mon exploration et sur lequel repose aujourd'hui la base de mon développement créatif. Toutes ces activités m'ont éloignées de la pratique de la photographie. Ou en tout cas, j'ai pensé que c'était le cas. A un certain moment, j'ai décidé de tout séparer. Je voyais chez les autres une cohérence dans leur identité, comme une sorte de ligne éditoriale à échelle humaine, qu'il faudrait suivre absolument sous peine d'être un individu flou, qu'on aurait du mal à cerner et dont on se désintéresserai si tôt qu'un aspect de sa personnalité ne serait pas en phase avec les attentes présumées. Ainsi, j'ai démultiplié mon identité virtuelle en plein de petits morceaux, comme autant d'horcruxes éparpillé dans le monde numérique, contenant chacun une part de moi. Si bien qu'aujourd'hui, je ne me reconnais plus. Je ne sais plus où donner de la tête. Moi qui ait pourtant toujours eu à coeur de n'écouter que mes envies, j'ai séparé mon âme en de nombreuses identités pour séduire un public différent, logique marketing destructrice, déshumanisante.

Quelles sont donc toutes ces identités factices ? Faisons le point ensemble.

Photographie
. Gaël Sacré, Photographe de mariage : site web, blog, compte facebook, page facebook, instagram
. Gaël Sacré, Photographe de portrait "Ether", ambiance ancienne et féérique : site web, blog, page facebook, instagram
. Teenage Dreams/Candide Dreams, Photographe de portrait "Mode" : 500px, page facebook, instagram
. Personae, cours de photographie : site web

Vidéo
. Gaël Sacré, chroniques et courts-métrages : chaîne Youtube, chaîne Vimeo
. Mandala, vidéos sur le jeu de rôle papier : chaîne Youtube, Dailymotion et sur le site Junkfood Factory

Jeu de Rôle
. Maître-Bois : site web & blog, page facebook, compte google +

+ un compte facebook auteur "Gaël Sacré", qui regroupe tout, sauf la photographie de mariage (qui a son propre compte dédié)
+ un compte twitter "Gaël Sacré (Willox)"

Le fait de mettre à plat ainsi toutes ces identités me révèlent d'autant plus l'absurdité de la situation. Qui peut bien être capable de gérer sereinement autant d'interfaces de communication sans développer des troubles de la personnalité ? Comment en suis-je arrivé à de telles extrémités ?
Aujourd'hui, je ressens le besoin de me recentrer. Au fil de l'exploration de mon univers, j'ai compris peu à peu que tout était lié d'une façon ou d'une autre, que toutes mes activités, si diverses en apparence, ne sont en fait que l'expression d'une seule et même individualité. Et quand bien même le tout ne formerait pas une cohérence à toute épreuve, il me faut accepter ma propre diversité d'intérêts ainsi que mes contradictions. Je ne suis pas un individu multiple, je suis un individu complexe, comme nous le sommes tous et toutes. Il est temps pour moi d'assumer qui je suis.

Je ne sais pas encore de quelle manière, mais j'envisage, dans la mesure du possible, de regrouper un maximum mes différentes activités afin d'avoir un réseau de communication principal, à savoir un site web, un blog et un seul compte par réseau social. Ce ne sera pas peut-être pas possible pour tout, mais je compte bien réduire ses itérations de moi-même le plus possible, au moins sur les réseaux sociaux.

Qu'en est-il de vous ? Avez-vous aussi tendance à vous éparpiller ? A vous créer des identités numériques pour masquer vos incertitudes ? Ou bien êtes-vous de ceux qui assument pleinement leur personnalité complexe ?

 

I found my voice

"Hello, here is my confession
Tried to go with the flow
But didn't flow in my direction
I guess I have a little problem
I saw him running with the pack
But they weren't going where I was going

Everyone was acting like as if they were right
But I did not buy it, no I did not buy it
I said I'm going back, ‘til there's no one left,
‘Til there's no one left
Now I'm standing on my own
It's me against them all
And it never looked so beautiful
‘Cause I found what I was looking for
Now I’m standing on my own
It's me against the world
And I never felt so wonderful
‘Cause I found what I was searching for

I found my voice"

(Lost & Found - I Found My Voice)

D'aussi loin que je puisse me souvenir, j'ai toujours voulu raconter des histoires. De mes premiers jeux d'enfants, en passant par les légos, la création d'univers, l'écriture de poèmes et de chansons jusqu'à la photographie, la fiction audio-visuelle et les jeux de rôle. Pourtant, je n'ai jamais été bon à ça. Je n'ai jamais eu de talent ou d'aisance particulière. J'ai commencé énormément de choses que je n'ai jamais terminé. J'ai abandonné beaucoup de projet parce que je n'étais pas assez déterminé, parce que je ne savais pas vraiment ce que je voulais, parce que j'avais des doutes mais aussi parce que j'avais peur, peur du regard des autres, peur de ce que je pourrais livrer au monde, peur d'être mis à nu. La création a toujours été pour moi un moyen d'expression plus juste que tout ce que je pourrais exprimer avec des mots dans la vie de tous les jours.

Je doute toujours, tout le temps. Mais une force en moi fait que je n'abandonne jamais. Je sais que j'ai ça en moi et qu'il faut que ça sorte, je n'y peux rien. Alors je vais continuer, aller de projets en projets, d'échecs en échecs, de déceptions en déceptions. Parce qu'à travers ce chemin de croix, le moindre projet qui arrive à son terme, le moindre petit succès justifie à lui seul de subir cette ordalie. Après tout, je pourrais bien me trouver un petit travail salarié tranquille, me choisir une passion qui se limite à quelques heures par semaine sans grande ambition et probablement vivre une vie paisible. Mais je sais au fond de moi que je serai malheureux, comme si je choisissais d'être muet, de ne plus prendre la peine de dire qui je suis vraiment.

J'ai perdu beaucoup d'amis et sans doute raté beaucoup d'opportunité sur ce chemin. A chaque étape de ma vie, à mesure que je comprends qui je suis et ce que je veux, beaucoup de choses deviennent obsolètes. Ma vie devient asynchrone avec les autres et avec l'environnement dans lequel je vis. J'opère des changements continuels et je me retrouve seul, mais avec un sentiment fabuleux parce que je sais que j'avance sur ma voie.

Il y a quelques temps, j'ai compris que la forme concrète de cette voie est de raconter des histoires. Cette révélation tardive fait que je me suis beaucoup égaré en chemin. Même si à posteriori cette vocation me semble évidente, à travers toute mon histoire, je n'ai pas dirigé entièrement mon énergie dans cette direction et la création aujourd'hui m'est toujours aussi difficile. Même écrire cet article est difficile. J'y pense depuis plusieurs mois, et quand je l'ai commencé il y a quelques minutes, j'ai failli abandonner après quelques lignes. Et puis je me suis dit que m'empêcher d'écrire, c'était comme m'empêcher de dire vraiment qui je suis, et de continuer d'être quelqu'un d'autre en apparence.

Je me suis toujours considéré un peu comme un caméléon. Mon manque de personnalité fait que j'épouse souvent celles des autres, jusqu'à reprendre leurs expressions et leur mode de pensée. Je sais comment faire semblant d'être d'accord alors qu'au fond mon âme crie que c'est complètement faux. Je disais à ami récemment que j'ai tellement d'empathie pour les gens que je les déteste. Je n'ose pas affirmer ma personnalité parce que je ne veux froisser personne, parce que j'imagine que leur vie est bien assez difficile pour les forcer à me laisser une place. Et puis, à quoi bon laisser une place à un caméléon ?

Alors ma seule porte de sortie, c'est d'exprimer vraiment qui je suis. D'écrire, de créer, de raconter des histoires.
Même si c'est douloureux, même si c'est difficile, même si je n'y arrive jamais vraiment.

J'aimerai dire à tous ceux qui ressentent cette même douleur : vous n'êtes pas seuls. Créer, au sens d'exprimer son soi véritable, c'est faire saigner son âme. Peu importe à quel point vous pensez ne pas avoir le talent, les moyens nécessaires, l'entourage et le réseau nécessaire, la détermination nécessaire. Continuez. N'écoutez pas les autres. Continuez de vous saigner jusqu'à ce qu'ils voient enfin ce qu'il y a dans dans vos veines. Je suis sûr que c'est magnifique.

☾ Rituels ☽ ~ "Nuances" (Partie III)

- november 15th 1992

Cher journal,

Je contemple à nouveau les vagues qui déferlent sur la jetée. La lumière du soleil couchant déploie ses nuances de couleurs, du rouge au bleu en passant par le violet. "Le monde est fait de nuances", m'a-t-elle dit. Je comprends à présent.

Les ondins étaient tous réunis dans la baie, prêts à se battre contre les êtres humains qui se sont installés ici il y a quelques centaines d'années. J'étais prête à me battre moi aussi. Mes pouvoirs de la terre contre ceux de l'eau. Le yin et le yang. La course éternelle. Et puis je l'ai vu.

Dans une petite crique étroite, je l'ai vu embrasser quelqu'un d'autre. Leurs baisers étaient fougueux, mais je pouvais lire l'inquiétude dans leurs regards. Je voyais aussi les branchies de son petit ami triton. Je rêvais de Roméo & Juliette, mais en réalité je ne faisais plus partie de l'équation. Je regardais Roméo & Roméo subir la guerre de leurs clans respectifs. J'ai compris à cet instant que je n'étais ni dans le mauvais camp, ni dans le bon. Et s'il y avait un moyen d'éviter cette bataille ?

Je concentre mon pouvoir sur la jetée, écartant les pierres pour constituer un cercle. Je me place au centre et prend une grande inspiration. Je suis seule à présent, gardienne de Queens Harbour. Des larmes perlent sur mes joues. Les ondins ont acceptés ma proposition.  Nous sommes en paix.

"- Drew... Ma chérie. Tu es tellement forte et courageuse! Ecoute moi bien, le voile ne restera ouvert qu'un moment. Tu n'as qu'une seule chose à savoir. Le monde est fait de nuances. De nuances. Je t'aime.
- Maman!"

☾ Rituels ☽ ~ "Nuances" (Partie II)

- november 6th 1992

Cher journal,

J'ai encore la sensation du sable humide sous mes pieds. Je dansais entre les galets, avec une seule chose en tête : revoir ma mère.

Je fais ce cauchemar, depuis toujours, encore et encore. Elle est attirée inexorablement dans les profondeurs. L'eau pénètre dans ses poumons.
Mais cette fois, ce n'était pas ma mère. C'était lui. L'amour de ma vie, englouti dans les abysses. Le lendemain, j'ai appris qu'il avait disparu. Est-ce de cette façon que ma mère est morte ? Est-il mort lui aussi ? Je ne peux pas y croire. Je ne veux pas y croire.

Ma grand-mère maternelle m'a recueilli quand j'avais quatre ans. Elle m'a élevé comme sa propre fille. Je vois les photos encadrées dans l'escalier. Ma mère me ressemblait tellement. Ma grand-mère sait toujours quoi me dire quand ça ne va pas. Cette fois encore, elle avait réponse à tout. "Ta mère, plus que tout autre, savait comment traiter avec les ondins. Il existe un moyen de communiquer avec elle. C'est bientôt Samhain, quand le voile entre les vivants et les morts est plus fin que jamais. C'est à ce moment que tu devras faire ton rituel".

Tout ça est nouveau pour moi. Je n'étais pas sûr d'y parvenir. Mais l'air était chargé ce jour là. C'était comme si le vent me guidait.

De l'écume s'est formé une forme humaine. Elle s'est avancé vers moi. J'ai ajouté le sel de mes larmes à l'océan. Elle m'a parlé d'une voix si douce, si apaisée. Et puis elle est repartie comme elle est venue, me laissant encore plus désemparée.

Une phrase me revient, comme un murmure lointain : "Le monde est fait de nuances."
 

☾ Rituels ☽ ~ "Nuances" (Partie I)

- september 20th 1992

"J'aurais pu être princesse
Tu aurais pu être roi
Nous aurions pu avoir un château
et porter une bague
Mais non, tu m'as laissé partir"

Jamais je n'aurais pensé écrire dans un journal intime. Je me sens comme une caricature d'adolescente qui pleure de son premier amour. Je sais très bien que c'est insignifiant, que ça passera. Et pourtant la souffrance est tellement forte que j'ai le sentiment de ne jamais pouvoir m'en sortir. J'ai besoin que ça sorte, d'une manière ou d'une autre.

Je suis amoureuse d'un garçon depuis le premier jour où je l'ai vu. Depuis 4 mois nous vivons dans un rêve. Et puis ce matin, tout a basculé. Il a suffit d'un mot, inscrit sur un morceau de feuille à carreau. J'ai compris avant même de le lire. J'ai pu voir dans son regard triste et désolé que c'était terminé.  Je réalise à peine la place que je lui ai laissé dans mon coeur. Je brûle du premier et du dernier amour, celui qui ne meurt jamais vraiment.
Je crois qu'il en aime une autre. Ou peut être un autre. Comment ai-je pu être aussi stupide?

J'ai rêvé de ce jour. Celui où je n'étais pas encore une gardienne. Celui où je n'avais pas à me préoccuper de la brume et de ses engeances qui menacent Queens Harbour. Je n'arrête pas de revoir la vidéo où tout a commencé, quand les ondins ont attaqués pour la première fois.

A la prochaine lune, ils reviendront encore plus forts. Je devrais me battre et certainement mourir. J'ai 16 ans et je vais mourir au champ de bataille, comme ma mère. Mais je suis déjà morte d'amour.

Drew Dinsmore

"... tu as volé mon étoile."

Ambitions

Il y a quelques mois, j'avais pris la décision de prendre le temps de vous raconter un peu tout ce qui se passe autour de mon activité photographique, de parler davantage des coulisses, de mes projets, de mes doutes. Encore une fois le temps s'est écoulé très vite et je n'ai finalement pas suivi cette résolution. Je m'en excuse. Beaucoup de choses ont changés, et en particulier mes ambitions pour la suite. J'aimerai faire le point avec vous.

J'ai commencé la photographie quand j'étais au lycée, comme un échappatoire créatif à l'enfermement des cours et à mon mal-être d'adolescent. Je me suis lancé dans des études de cinéma et de théâtre (en Arts du Spectacle) avec l'espoir de pouvoir faire du cinéma. A cette époque, je n'ai pas réussi à me lancer dans ce domaine donc j'ai commencé à m'intéresser de plus en plus à la photographie et ça s'est imposé petit à petit comme une passion, et un métier. Je n'ai jamais caché le fait qu'en faisant de la photographie, j'avais en tête d'apprendre à devenir un créatif en vue de pouvoir revenir à l'audio-visuel et plus largement à raconter des histoires.

Depuis quelques années, grâce à des amis, j'ai réussi à me lancer dans de beaux projets de fiction,  une websériedes courts-métrages et des chroniques web (en particulier récemment une chronique sur le jeu de rôle) et des jeux de rôle. Malgré les difficultés, j'ai trouvé énormément de plaisir à m'engager dans ces projets. Je me sens à ma place. Finalement bien plus qu'en photographie. Même en photographie, j'ai toujours eu cette envie de raconter des histoires avant tout, et je suis rendu à un point où la photographie seul ne me suffit plus. Je ne pense pas avoir été au bout de ce que je pouvais faire en photographie, mais je sens que je suis arrivé à un croisement, un moment charnière où mes ambitions ont changées.

Qu'est-ce que ça signifie concrètement ? Je n'ai pas l'intention d'arrêter la photographie. Déjà parce que c'est mon métier, mais aussi parce que ça reste toujours une passion et j'ai acquis suffisamment d'aisance et de plaisir à photographier que j'aurais bien du mal à m'en passer. Cela dit, je n'ai plus l'ambition d'avoir du succès dans le monde de la photographie. Je n'ai plus l'envie d'essayer de faire des expositions, de vendre des tirages, de réaliser un livre ou d'être publié dans des magazines. Je n'ai plus l'envie de tenter d'être reconnu dans ce milieu. Je me demande même si ça m'a jamais vraiment intéressé au fond.

Actuellement, mes envies se tournent essentiellement vers le jeu de rôle et la création d'univers et j'envisage la photographie comme un moyen d'illustrer mes créations. J'ai publié en novembre 2015 mon premier jeu de rôle, intitulé Happy, pour lequel j'ai réalisé les illustrations photographiques (qui illustrent également cet article). Je vais poursuivre ce travail avec mon second jeu, Happy Together, sur lequel je travaille actuellement. De plus, une bonne partie de mon travail sur ma série photographique "Ether" (en gros toutes mes photos dans une ambiance féérique/sorcière/éthéré) se retrouvera certainement d'une façon ou d'une autre dans un futur projet de jeu de rôle/univers sur lequel je travaille depuis longtemps.

Je tiens aussi à soutenir mes amis de l'association ImagiVienne qui travaillent sur de nombreux projets titanesques, et notamment la websérie Avaliëa dont je suis le co-créateur et le superviseur. Je vais continuer de réaliser des photographies pour promouvoir leurs réalisations. Vous avez déjà pu en voir quelques unes avec ma précédente publication sur le tournage de Warren Flamel, la fansérie dans l'univers d'Harry Potter.

Bref, je suis loin d'en avoir fini avec la photographie, mais je tenais à ce que vous sachiez les nouvelles orientations qui sont les miennes désormais. Je vais tenter de reprendre petit à petit les publications (je n'ai rien publié depuis mars) et vous tenir informé de tout ça, avec ma régularité habituelle, c'est à dire chaotique. Haha!

Merci à tous ceux qui me soutiennent malgré mon tempérament de girouette. Je vous jure que j'essaie de me focaliser. Promis!

Y a-t-il de la vie sur Mars ?

Sur l'excellent album Hunky Dory de David Bowie, il y a une musique qui se démarque de toutes les autres, un OMNI (objet musical non identifié). Une pièce extraordinairement moderne pour l'époque, tant dans la musique que dans les paroles.


C'est écrit sur le front soucieux de l'Amérique
Mickey Mouse est devenu une vache
Maintenant les ouvriers se sont battus pour la gloire
Parce que Lennon est de nouveau en soldes

{...}
Les marins qui se battent dans la salle de bal
Oh mec ! Regarde les faire, ces hommes des cavernes
C'est le spectacle le plus dingue que tu aies jamais vu
Jette un coup d’œil à l'homme de loi
Qui se défoule sur le mauvais type
Oh mec ! A se demander s'il saura jamais
Qu' il figure dans l'émission la plus rentable
Y a-t-il de la vie sur Mars ?

 


For here am I sitting in my tin can
Far above the world
Planet Earth is blue
And there's nothing I can do
(David Bowie - Space Oddity)

Il y a quelques années, "Life on Mars?" m'avait profondément inspiré et j'avais écris cette nouvelle que je n'ai jamais partagé publiquement. J'ai envie de vous la partager aujourd'hui, afin de rendre hommage à ce grand artiste. Adieu Mr Bowie.

***

HOME

La psyché étincelait sous la lumière des spots. Une ombre vint se présenter devant elle. Sarah se tenait droite, le teint d'un blanc de nacre, les cheveux d'un noir de jais qui s’étalaient jusque sur ses seins nus. Ses yeux bruns parcouraient de bas en haut ce corps immaculé qui brûlait de candeur, d'innocence. Observant plus longuement ses petits seins ronds qui lui semblaient si laids, elle se demanda si elle devait les faire refaire un jour. Elle releva la tête, et regarda son propre visage. Un visage si triste. Qui était-elle pour être si triste? Les choses n'allaient pas si mal et pourtant quelque chose clochait depuis longtemps. Elle le savait. Elle se l'était cachée à elle-même, mais à présent, elle sentait la cicatrice se rouvrir lentement, comme sa mère qui autrefois ouvrait si lentement la porte pour ne pas la réveiller. Il fallait faire quelque chose. Oui, mais quoi? Elle attrapa ses vêtements et s'habilla rapidement, sans quitter son reflet du regard. La radio crachait le dernier succès du moment. Les murs tapissés de posters à l’effigie d'idoles d'aujourd'hui, aux regards charmeurs, aux visages bronzés, aux formes harmonieuses. Un simple bureau de jeune fille, des photos accrochés ici et là au dessus d'une lampe de chevet blanche. Bugs, un gros chat aux poils luisants noir et blanc, vint se frotter aux jambes de Sarah. Elle se baissa pour le caresser puis sortit de sa chambre. Bugs la suivit vers le grand salon.

Des immenses enceintes crachaient un tube des années quatre vingt, diffusé sur l'écran d'un téléviseur seize neuvième. Une émission de variété. Le présentateur, un jeune homme en complet cravate, les cheveux gominés et les dents blanches étincelantes héla plus de trois fois le nom de la vieille chanteuse qui venait de terminer son play-back. Sur le sofa, deux quinquagénaires, un homme et une femme, regardaient placidement le téléviseur, comme hypnotisés. Seules les lumières aux couleurs bleues, vertes, roses, jaunes, rouges et blanches changeaient leurs visages stoïques. Sarah s'approcha lentement. Bugs se faufila entre ses jambes et vint s'installer sur l'homme, qui le prit dans ses bras et commença à le caresser machinalement.

"Maman? se risqua-t-elle de demander au bout d'une bonne minute."
Pas de réponse.
"Maman? Maman, ce soir, Laura fait une soirée et j'aimerai...
- Non, coupa sèchement la mère de Sarah qui n'avait pas
lâché son regard de l'écran.
- Mais maman, elle m'attend!
- On t'a dit non, lâcha gravement son père, avec la voix
lointaine d'un homme qui parle en rêvant. Va-t-en! Tu ne vois pas qu'on regarde quelque chose? Ou alors assis-toi et tais-toi."

Sarah savait qu'il n'y avait rien à faire. Elle serra les poings, furieuse contre ses parents, mais surtout furieuse contre elle-même de ne pas avoir la force de se soulever contre eux. Elle s'avança tout de même et prit Bugs dans ses bras, qui se débattit et rejoignit finalement son véritable maître. Elle prit le chemin de sa chambre, entra et s'empara de son téléphone portable, encore branché à la prise murale. Elle regarda ses messages. Rien. Personne n'avait l'air de s'inquiéter de son retard. Elle bouillonnait. Qu'avait-elle fait pour se laisser enfermer comme un vulgaire poisson rouge qui ne se souviendrait pas que son eau n'a pas été changé depuis plusieurs semaines. C'était ça. Elle étouffait. Depuis des années, la vie passe comme tombe la pluie, fatalement. Mais à présent les choses changent. Le sang coule à nouveau. Il y'a quelque chose dans l'air qui s'est coloré en pourpre et qui perd de son sens chaque fois qu'on pense l'avoir saisi.

Elle s'assit sur son lit à la couette rose pâle, releva sa jupe noire et coiffa ses cheveux encore mouillés. Rien à faire. Encore une soirée à ruminer toute seule. Elle attrapa la télécommande posée sur sa table de chevet, à côté d'Alice au Pays des Merveilles et d'une paire de boucle d'oreilles. Elle alluma son petit téléviseur 36cm, installé dans une bibliothèque trop petite. Les livres s'entassaient tout autour et sur le petit poste qui s'éclaira alors que Sarah se leva pour éteindre les spots. La pièce passa dans l'obscurité et Sarah fut alors éclairée de la même lumière que ses parents, une lumière subite, crue, aux couleurs chatoyantes. Ses yeux se firent progressivement au noir de la chambre et se concentrèrent sur l'écran d'argent. Elle écarta une mèche de cheveux qui lui gênait la vue, et s'assit plus confortablement. Elle reprit son peigne, et lâcha la télécommande une fois la chaîne choisie. Tandis qu'elle se démêlait les cheveux, un film se déroulait devant ses yeux. Les dialogues coulaient comme de la pâte granuleuse. L'intrigue facile s'installa rapidement dans l'esprit de Sarah. L'acteur avait du charme, un beau jeune premier comme ceux qu'il y'avait sur ses nombreux posters. Mais son arrogance était bien trop visible, l'artifice bien trop risible. La fin se dessinait déjà. Trop rapide, trop simple, trop idiot. Le film continua son mauvais scénario pendant quelques minutes, quand Sarah se décida enfin à changer de chaîne. Elle avait posé son peigne sur son livre de chevet et s'allongea de travers sur le lit, les pieds se balançant nerveusement et la tête tenue par ses deux mains à la peau diaphane. Elle enchaîna ainsi les programmes pendant plusieurs minutes, ses jambes se balançant toujours, son humeur de plus en plus maussade.

Elle soupira d'ennui. Ce soir, tout ça avait un sens si clair. Toutes ces supercheries qui se superposaient dans son esprit malade. Malade de sens abject. Elle les voyait, ces marins se battant dans un immense dancing, et ce policier qui tabassait ce détenu innocent. Savait-il qu'il était diffusé sur le show le plus rentable du moment? Regardez ces hommes préhistoriques qui courent après de la nourriture comme ces hommes d'affaires qui courent après l'argent. Le bonheur vendu à l'étalage, empaqueté dans du papier cadeau, offert pour noël avec des emballages de chocolat vides. Il y'a toujours plus d'emballage que de contenu dans ce carnaval de formes et de couleurs, il y'a toujours plus de fantasmes obscènes que de rêves fragiles, plus de grain que de sel, plus d'entrain et de dynamisme que de candeur et d'humain, plus d'affabulations et de vérités que d'hypothèses malhabiles ou de dérapages magiques. Alors la télécommande glisse des doigts de Sarah et s'écrase sur le sol mou de la chambre noire. Les piles dansent la valse un peu plus loin tandis que l'écran s'affole.

Elle eut un sursaut. Un sursaut de joie. Oui, enfin, quelque chose se passait. Quelque chose de différent. Mais qu'est-ce que c'était que ça? Les images défilèrent de plus en plus vite, le son virevoltait de droite à gauche et de gauche à droite, jouant de la stéréo. Sarah avait posé ses jambes sur le lit, et toujours allongée, essayait d'attraper les piles qui continuaient de danser inlassablement. Elle prit la télécommande de sa main gauche et de sa droite s'empara des piles. Elle les replaça dans la télécommande, mais rien ne changea quand elle appuya sur les boutons. Plus rien ne répondait. L'écran continuait d'afficher des images indistinctes qui faisaient scintiller Sarah. Tout était hors de contrôle, comme ce monde qu'elle ne pouvait que regarder venir et subir. L'écran continuait de vaciller mais soudain il sembla à Sarah que les images formaient quelque chose dans son esprit. Des images s'imprimèrent progressivement, qu'elle eut du mal à saisir au premier abord, puis, saisi de panique, elle se cria de s'arrêter quelque part. Le défilement stoppa. Une seule image restait en tête. Le son du téléviseur sembla se déchirer en mille visages, puisqu'elle cru un instant voir tout ses proches dans une seule musique assourdissante qui dura moins d'une seconde. L'image était très nette à présent. C'était sa maison.

Une simple demeure pavillonnaire comme il y'en avait des centaines dans ce quartier modeste de la ville. Un petit portail blanc ouvrait sur un petit jardin bien entretenu. Une allée de cailloux gris menait à la porte d'entrée, ornée d'une petite clochette en cuivre. Le toit était constitué de jolies tuiles aux couleurs de feu, et une petite cheminée, sur laquelle trônaient deux antennes, une simple et une parabolique, qui semblait être l'autel sacré de beaucoup de famille de cette sordide banlieue. Enfin, des jardinières installées méticuleusement sur chaque fenêtre agrémentaient le tout de couleurs lumineuses et de vie.

Elle contempla cette image longuement, sans comprendre, puis, voyant qu'elle ne semblait pas quitter son esprit, elle se saisit de la télécommande de son lecteur de DVD et appuya sur le bouton suivant. Une nouvelle image apparut. C'était ses parents, son frère, sa soeur et elle, sur une magnifique photographie de famille que son oncle avait prit il y'avait quelques années. Elle n'arrivait pas à se souvenir de quand datait précisément cette photographie mais il lui semblait que cela faisait des dizaines d'années, bien qu'elle savait qu'elle n'avait que seize ans. Elle essaya de se rappeler la dernière fois que sa famille avait été ainsi réunie, mais son esprit était déjà occupé à lire une image qui prenait toute sa mémoire vive. Elle était comme connectée à une banque de donnée de son cerveau. Elle visionna un bon nombre de photographies, d'impressions, d'atmosphères, de paroles, de bruits, de souvenirs épars, qui tournaient autour de sa vie, et en particulier sur sa famille. Mais elle ne comprit pas le sens de tous ces fichiers qui s'étaient accumulés dans son inconscient depuis sa naissance. Ca n'avait strictement aucun sens.

Elle appuya sur le bouton arrêt de la télécommande et reprit lentement conscience. La télévision était toujours allumée mais ne diffusait plus que de la neige qui tourbillonnait dans le vent des ondes. Elle était toujours allongée sur son lit et essayait de comprendre ce qu'il lui arrivait. Toutes ces images du passé qui avaient défilés dans sa mémoire la hantaient. Des moments de bonheur qui avaient été imprimées à jamais dans son esprit la ramenaient à présent dans cette chambre, dans cette maison qui ne respirait plus. Elle n'arrivait pas à se souvenir quand les portes avaient été fermées mais il était certain pour elle qu’elles ne se rouvriraient pas. Enfermés dans ce portrait de famille, la seule solution était d'en quitter la chaleur étouffante, de partir loin de ce rêve amer que ses parents avaient construits au fil du temps. Il faisait bon vivre au sein de ce foyer autrefois. Maintenant ce n'était plus qu'un tableau dont la peinture avait coulé. Les couleurs avaient dégoulinées et s'étaient mêlées au temps qui les avaient fait devenir tellement fades. Elle se sentait disparaître petit à petit. Elle était le fantôme qui hantait cette maison.

Elle se releva soudainement, ses cheveux lui bouffant alors le visage. Elle descendit de son lit, et se tint devant son portable qui clignotait. Elle l'ignora et se dirigea vers un coin de sa chambre, attrapa un vieux sac à dos rouge sombre dont la bretelle était effilochée et qui arborait le nom d'un quelconque groupe à la mode. Elle ouvrit son armoire, sélectionna minutieusement quelques affaires. De quoi s'habiller pour quelques jours, cela suffirait. Elle ouvrit lentement la porte et partit chercher quelques vivres dans le réfrigérateur de la cuisine. Le carrelage était si froid qu'elle marcha sur la pointe des pieds. Bugs passa devant elle alors qu'elle revenait chargée d'une bouteille d'eau, de pain et de plusieurs boîtes de biscuits. Elle s'arrêta juste pour ne pas tout laisser tomber. Bugs resta là à la regarder, comme la suppliant de ne pas partir. Il repartit d'une lente marche féline, et la suivit jusqu'à sa chambre. Elle mit la bouteille d'eau et le reste dans son sac tandis que Bugs grimpait sur le bureau et sautait sur le lit. Sur l'écran, la neige continuait de tomber tandis qu'elle refermait la fenêtre. Le rideau blanc de la chambre se coinça et le morceau qui resta dehors virevolta sous la brise du vent.

Il ne faisait pas vraiment froid cette nuit là. Mais le vent qui soufflait glaçait l'air et Sarah dû enfiler un des sweats qu'elle avait pris soin de mettre dans son sac. La route humide brillait sous la lumière des lampadaires qui diffusaient leur lumière crue. Sur cet immense boulevard parsemé de lumière était disposé de part et d'autre des résidences pavillonnaires semblable à celle de ses parents. Des dizaines, des centaines, des milliers, des millions même sûrement de maisons étaient ainsi disposées, dont la seule lumière interne provenait d'une petite boîte noire. Une petite boîte noire qui avait brisé des millions de rêves. Sarah passait devant chaque demeure, et elle voyait à chaque fois cette lumière changeante et colorée qui illuminait ses parents. Elle marcha, marcha, marcha pendant des heures. Les maisons s'étendaient encore à perte de vue, mais elle commençait à apercevoir un point de lumière au loin. Epuisée, elle se mit pourtant à courir. Il y'avait dans ce point tout l'espoir de son échappatoire. Cette vive lueur qui brillait grossit à vue d'oeil à mesure que Sarah s'approchait. C'était comme un projecteur qui diffusait un cône de lumière vers le ciel. Quand elle arriva à la hauteur de la lumière, la gravité sembla changer et elle se sentit alors tellement légère qu’elle leva les bras au ciel comme pour voler.

Elle tombait. Finalement elle tombait. C’était toujours cette impression si ténue. Ces sensations qui nous montrent la libération, pour mieux que les chaînes se referment, imperceptiblement, sur nos corps sans âme. Qu’est-ce que la liberté dans une immense cage blanche ?

Quand elle reprit conscience, les lumières de la ville éblouirent ses petits yeux de cire qui s’ouvrèrent lentement. Des flocons de neige caressaient sa fine peau. Elle frissonna, rajusta le petit col de son sweat. Elle marchait. Elle ne s’était pas rendue compte qu’elle avait parcouru plusieurs kilomètres, les membres endoloris et transie de froid. Mais d’où venait cette neige ? La fraîcheur des nuits printanières avait laissé la place à un froid perçant de janvier. Elle marchait toujours, sur les trottoirs blancs qui gardaient la trace de chacun des passants qui déambulaient sur cette grande avenue. Les lumières or et argent des enseignes se reflétaient dans les flaques d’eau sur lesquelles continuaient de tomber la neige qui disparaissait aussitôt sans un bruit.

Elle n’entendait rien, pas même le bruit des voitures qui défilaient sans cesse, laissant seulement des tourbillons de neige au dessus du goudron, pas même ce mendiant qui hélait des paroles incompréhensibles. Même si elle pouvait entendre, qu’entendrait-elle ? Il n’y avait rien à entendre, rien à percevoir d’ailleurs. Il n’y avait qu’un morceau de glace à la place de son cœur. Froid comme la neige, il ne battait plus que pour irriguer des souvenirs perdus d’un temps révolu.

Les rues défilaient. Les mêmes visages défilaient devant ses yeux embrumés. Toujours. Et encore. Sans cesse.

C’est dans une petite ruelle sombre qu’elle tournait alors quand elle vit enfin quelque chose. N’importe qui n’y aurait vu qu’un simple clochard mais aux yeux de Sarah, c’était une étrange personne qui se tenait là entre des cartons et des bouteilles de bière vides. Elle sentit un tiraillement au plus profond de son âme et quand elle s’approcha de l’homme, elle remarqua son maquillage. Un fond blanc, des cernes noires et un nez rouge d’ivrogne.

« Tu y reviendras, lacha-t-il tout à coup
-  Quoi ? fit Sarah, reculant de quelques pas et marchant
sur des morceaux de verre.
-  Perdue ? demanda-t-il, ignorant sa question »

Sarah cligna de l’œil, et le clown se retrouva debout. Il la dévisageait à présent comme si il la connaissait depuis toujours, et, mal à l’aise, elle détourna le regard. Un autre clin d’œil, et il s’était positionné dans son nouvel axe de vision.

« Tu devrais avoir peur... »

Il rajusta son col, ce qui semblait absurde étant donné son accoutrement qui était pour le moins négligé, sinon dépareillé. Dans une démarche parfaitement clownesque, il s’avança.

« ...loin de chez toi. »

Son visage était maintenant très près de Sarah, qui ne bougeait pas d’un millimètre, un air de défi se reflétant dans le blanc des yeux pâles du clown.

« Tu ne vas pas partir maintenant. Pas après avoir parcouru tant de chemin. Mais tu y reviendras. »

Ses yeux se convulsèrent, il prit son chapeau gris de la main et il prit un ton biblique.

« Un enfant qui aime ses parents tourbillonne toujours dans les mêmes méandres ! »

Les poings serrés, Sarah s’efforçait de ne pas regarder cet inconnu qui lui semblait si proche, comme sorti tout droit de ses entrailles.

« Mais ! Car il y’a un mais ! continua-t-il de ce même ton de prophète »

Son long manteau blanc lui donnait des allures de Pierrot. Mais un Pierrot qui aurait vieilli, qui aurait perdu son éclat quand la nouvelle lune était arrivée. Un Pierrot perdu dans une ville sombre et froide qui faisait l’apologie de la lumière artificielle. De la fête !

« Il y’a toute sorte de manières de négocier les méandres. Il y’a toute sorte de manières de négocier les investissements. Troquons notre argent pour du rêve, qu’en penses-tu ? »

Du rêve ? C’était curieux qu’il parle de rêve alors qu’elle se sentait plongé dans un sommeil profond emplit d’un rêve fait de brouillard.

« Je n’ai pas d’argent, répondit-elle tout de même
-  Certains ont les rêves, certains ont l’argent. Et rares sont ceux qui possèdent les deux.
-  Tout le monde a des rêves ! protesta Sarah
-  Et tout le monde a de l’argent ! Mais, car il y’a un mais ! »

Ses manches amples construisaient d’immenses replis à mesure qu’il gesticulait. Sarah se sentait sereine, dans cette rue sale et humide. Elle sentait venir le chemin.

« Si tout le monde possède tout ce qu’il y’a à posséder, alors que reste-t-il ? Le rêve de ne plus l’avoir pour le posséder à nouveau ! répondit-il à sa propre question »

Le rêve de ne plus l’avoir. Elle ne le voulait plus. Non, elle ne le voulait plus, vivre dans cette maison sordide. Cette maison de poupée si tranquille. Et elle ne la voudrait plus jamais !

« Suis-moi ! ordonna-t-il, sortant Sarah de la réalité »

Et le monde s’ouvrit à elle et le brouillard épais se dispersa, lui ouvrant un champ de vision de plus en plus vaste. Les ténèbres qui restaient accrochés au loin étaient encore plus angoissants, car plus lointains. Mais les alentours prenaient une teinte amicale, une chaleur fraternelle.

Elle eut un moment d’abandon où elle resta figé devant un triste tableau. Trois SDF, deux hommes et une femme dormaient là au coin d’une rue, dans de vieilles couvertures poussiéreuses aux couleurs passées. La femme avait le regard d’un animal méfiant, un de ces chiens errants qui, dormant, n’en sont pas moins à l’affût de tout bruit suspect, de tout mouvement. Et tandis qu’elle regardait cette femme, les ténèbres revinrent pour un instant. L’ouverture au monde ne venait pas de son esprit.

« - Tu verras par toi-même, si tu l’acceptes, fit la voix du Clown sortant d’un éclat lumineux. »

Et l’aura de conscience refit son apparition. Sarah voyait à présent par l’âme d’un sage, par procuration, elle qui n’y voyait rien.

Elle continua de suivre le Clown d’une démarche lente, observant sur son passage tous les tristes tableaux qu’une société civilisée pouvait donner à ses yeux. Des mendiants, des prostituées, des drogués. Mais pas seulement. Il était si facile de dénoncer l’état de ces gens. Mais on parlait moins des autres. Ceux qui ne sont pas complètement au fond du trou et qui ne sont pas non plus bien aisés. Ceux-là on ne veut pas en parler. On ne peut pas les stéréotyper. On ne peut pas les classer. Ils ont si peu de choses, mais ils en ont. Ils sont si peu heureux, mais ils le sont, un peu. La pauvreté n’est pas seulement matérielle, et ça n’est sûrement qu’une banalité de l’affirmer. Mais devant ces hommes et ces femmes qui marchent dans ces rues, la banalité d’une maxime devient une réalité trop juste, trop présente, quand on ressent leurs âmes torturés – quand elle n’ont pas disparus de trop de fermeture – quand on démantèle leurs mouvements mécaniques, ou quand enfin on décèle dans leurs yeux le poids d’un gouffre qui les anéanti. On appelle ça l’écrasement par le vide.

« Qui est-tu ? » demanda soudainement Sarah, assaillie d’interrogations.
-  Je serais toujours là, répondit imperturbablement le Clown
-  Non!

-  Tu sais que je t’aime. Nous sommes pareil tous les deux.

Nous partageons la même chair... »

Elle se bouche les oreilles. Non, il ne faut pas l’entendre. Non, il faut penser à autre chose. S’évader, courir, éteindre la bougie, n’importe quoi, mais pas ça, pas lui !

« - Je ne te connais pas ! cria soudainement Sarah, tout en s’agenouillant sur le trottoir humide.
-  Dis moi que tu m’aimes ! cracha le Clown en tentant de relever Sarah qui se débattait comme une folle. Dis moi que tu m’aimes !
-  Je te déteste !
-  Tant que tu me détesteras, tu te détesteras toi-même !
-  Relève toi et marche ! Viens ! »

Il la prit violemment par le bras et lui fit parcourir ainsi quelques centaines de mètres pour arriver devant un immense building aux vitres transparentes à travers lesquelles on pouvait voir un gigantesque centre commercial à l’architecture moderne. Les couleurs blanches, grises et bleu fumée luisaient aux lumières de longs néons qui semblaient ne jamais finir, s’étalant au plafond de grands couloirs vides. Une musique radiophonique résonnait dans le lointain, se réverbérant dans tout le building. Le Clown tenait toujours Sarah par le bras, mais plus aussi fermement. Elle s’était résignée et traînait ses frêles jambes le long de ce couloir qui n’en finissait plus. Ils s’arrêtèrent enfin devant l’enseigne d’un magasin de hi-fi. Des centaines de télévision étaient empilées les unes sur les autres derrière la vitrine, formant un mur d’écran qui diffusait de nombreuses images. Quelques unes attirèrent l’attention de Sarah : un handicapé en fauteuil roulant, un accident de voiture, un soldat tirant sur des civils, des corps morts entassés, un avion s’écrasant, un essai nucléaire en plein désert, des enfants fouillant dans les poubelles de bidonvilles, un animal mort le long de la route, un vieillard seul...

Que des clichés de la misère et de la violence humaine. Elle restait là à regarder tout ces écrans, sans aucune émotion. Les images passaient tel un défilement de passants ou de voitures qu’on finit par ne plus voir à force de regarder. Des évidences, ou bien des tragédies. Des fatalités ? Et le Clown n’était plus là. Les yeux grands ouverts, elle jeta à nouveau un œil sur le mur d’écran. Toutes les télévisions étaient à présent éteintes. Plus aucun son, plus aucune image. Seulement son esprit qui travaille et qui fait ouvrir lentement ses paupières, sans ciller.

Ca y’est. Elle voit. Elle voit tout. Elle ne comprend pas tout, mais le voile s’est levé. Les étoiles ont arrêtées de tourner et de filer. Elles sont redevenues fixes dans sa tête et elle peut maintenant les contempler, les déchiffrer et les aimer.

Il faut qu’elle coure. Elle connaît le chemin à présent.

Elle glissa dans le couloir, sans aucun sursaut, comme un travelling de cinéma parfaitement maîtrisé. Au bout du couloir trônait, majestueusement, un gigantesque ascenseur de verre. Sarah s’y engouffra et en quelques secondes, elle se retrouva à naviguer à la verticale. A travers les vitres, elles voyaient tout. Tous ces gens qui courent, qui n’en finissent plus de suivre le rythme effréné de la vie. Tels des fusées, ils filent vers l’infini avec pourtant un but précis en tête : atteindre quelque chose. Triste paradoxe.

Elle s’éloignait. Toujours plus haut. Sa cage de verre l’emmenait vers les cieux. Un signal retentit enfin. L’ascenseur avait fini sa course et laissait à présent ouvrir ses portes glacées.

Un vent glacial glissa sur sa peau blanche. Elle prit une bouffée d’air et posa un pied nu sur le béton froid. Une musique, douce, libre, vibrait à ses oreilles. Elle s’avança comme flottant dans une atmosphère amniotique, nageant dans une mer blanche qui la ramenait irrésistiblement vers la naissance.

Déjà-vu.

Des pales tournaient. Vite, très vite, ils tournaient. La brise se transforma en tempête. L’hélicoptère, d’un blanc de nacre, éclairait la jeune fille qui s’approchait du bord. Elle ne sembla pas remarquer le projecteur qui brûlait ses yeux. Elle sauta.

Une seconde. Une très longue seconde où Sarah n’était plus qu’une silhouette lumineuse. Elle se recroquevilla sur elle-même. D’adulte, elle devint enfant. D’enfant, elle devint nourrisson. De nourrisson, elle devint fœtus.

(Re)naissance

Dans ses draps moelleux, Sarah, en position fœtale, ouvrit les yeux et sourit.

Non, ça n’était pas qu’un rêve. 

 

 

 

Viser les étoiles les plus brillantes

1er janvier 2016 - Poitiers

C'est le premier jour d'une nouvelle année. Je n'ai pas vraiment eu le courage de faire un véritable bilan. Je me demande si ce changement d'année représente vraiment quelque chose. Pourtant, je ressens le besoin depuis quelques semaines de remettre les choses à plat.

Je partage mon temps de création entre mes photographies, mes vidéos et mes jeux de rôle. J'y prends un très grand plaisir. A tel point que je pourrais bien ne faire que ça de ma vie. Malheureusement aucune de ces trois activités ne peut me permettre à l'heure actuelle d'en vivre. Heureusement, j'aime mon métier de photographe de mariage qui est très épanouissant et qui m'a permis de sortir de ma bulle au fil de ces dernières années.

Mais voilà, à multiplier les projets je me retrouve toujours avec l'impression de faire tout à moitié. En plus de ça, j'ai le sentiment que mes créations n'ont que très peu de portée. J'en parlais dans mon dernier article, je ne sais pas vraiment qui suit mon travail et j'ai du mal à mesurer son impact. Je le fais avant tout pour moi, mais je ne peux m'empêcher de voir que ce sont surtout des personnes que je connais plus ou moins directement qui semblent apprécier ce que je fais. Je me demande comment aller plus loin.

Non pas que je cherche la gloire et la célébrité. Je crois que ces choses là auraient un effet plutôt négatif sur ma personnalité. Mais je crois que j'aimerai davantage de reconnaissance de mon travail au delà de mon cercle de connaissance proche et de ma ville. Peut-être que ça n'a pas tant d'importance au fond. Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c'est que je me trouve à un moment charnière dans ma vie d'auteur. Et je ne sais pas bien dans quelle posture je dois me mettre pour accueillir ces changements.

En 2015, j'ai pris conscience que le moindre projet, même ceux qualifiés de petits, prennent beaucoup de temps à réaliser. Je crois qu'un projet ne vaut la peine d'être réalisé que s'il représente un véritable enjeu créatif. Après tout, je peux tout de suite faire un projet : faire une photographie, la publier et dire que le projet est terminé. Quand on s'investis dans une création, on doit être prêt à y passer le temps nécessaire pour qu'elle aille plus loin que tout ce qu'on a déjà fait avant et qu'elle puisse avoir une chance d'apporter quelque chose au monde.

Ainsi, en 2016, je serai certainement plus sélectif dans le choix de mes projets. J'en ai déjà un certain nombre en cours qui sollicitent mon temps, et s'investir dans de nouveaux doit avoir un vrai sens, une raison d'être qui va au-delà de la simple impulsion créative première, au-delà du service rendu à un ami, au-delà de l'essai. Chaque nouveau projet créatif est une expérimentation céleste, une volonté d'aller toucher les étoiles. Cette année, je veux choisir mes destinations, je veux choisir de viser les étoiles les plus brillantes.

Et vous, quels sont vos projets créatifs pour l'année 2016 ? Comment faites-vous pour choisir ceux qui comptent vraiment ?

Les Quatre Jours de Noël - 25

Nous voici le 25 décembre auprès du sapin de noël avec Samantha. Un grand merci au restaurant Les Archives pour son accueil chaleureux. Je vous souhaite un très joyeux noël plein de magie et de féérie !

Photographie : Gaël Sacré
Direction artistique : Yume Event Design & Gaël Sacré
Coiffure : Jérôme Joubert Poitiers
Stylisme : Suite 341
Couronne : Yume Event Design
Lieu : Les Archives (Restaurant)

☾ Noël Végétal ☽ ~ En attendant les cadeaux

Suite du shooting d'inspiration de noël, vous pouvez (re)découvrir la première partie ici : ☾ Noël Végétal ☽ ~ Réveillon et la seconde par ici : ☾ Noël Végétal ☽ ~ Cocooning

Aujourd'hui, je vous propose d'attendre les cadeaux en compagnie d'Emmy qui était très motivée à l'idée participer à ce shooting. En même temps, je la comprends, se vautrer dans un canapé à manger les biscuits de noël de Lovely Cakes, j'avoue que c'est plutôt sympathique! Merci encore à sa maman, Delphine, qui non seulement nous a beaucoup aidé, mais a géré en plus la petite Emmy et son petit frère, le petit homme de l'ombre (un certain Baptiste qui faisait le pitre derrière moi :D).

❄ ❄ ❄ Je profite de cette dernière publication pour vous souhaiter un très joyeux noël à tous ! ❄ ❄ ❄

Photographie : Gaël Sacré
Décoration : Lilie Event (Amélie) & Delphine Dupain
Lieu : Delphine Dupain
Modèle : Emmy & Paige Goodridge
Tenues : Paige - Des Petits Hauts Poitiers (Gilet blanc)
Coiffure : Salon Jérôme Joubert (Poitiers)
Pâtisseries : Lovely Cakes

Les Quatre Jours de Noël - 24

Deuxième jour des notre série d’inspiration de noël, en collaboration avec Delphine de Yume Event Design. En ce 24 décembre, nous partons virevolter sur le carrousel de la place de la mairie avec la rayonnante Samantha Meglioli. La tenue est signée Suite 341 et la coiffure Jérôme Joubert. Merci au responsable du carrousel de nous avoir permis de réaliser ces quelques photographies dans le froid de décembre.

Photographie : Gaël Sacré
Direction artistique : Yume Event Design & Gaël Sacré
Coiffure : Jérôme Joubert Poitiers
Stylisme : Suite 341